vendredi 28 avril 2017

Apporter une vraie réponse à son chien en souffrance



Je reçois souvent des appels de propriétaires de chiens ne sachant plus que faire face à l’attitude déconcertante de leur compagnon. Pensant l’avoir compris, ces personnes ont tout essayé pour que leur chien ré-adopte un comportement « normal ». Quand je dis « tout », il s’agit aussi des vieux principes d’autorité avec punitions et récompenses. Mais ces principes obsolètes ne font qu’empirer la situation.
  
Les punitions et les récompenses ne fonctionnent pas avec les chiens qui tentent désespérément de se faire comprendre. Les chiens sont très expressifs : en regardant leurs yeux, bien des personnes peuvent y lire incompréhension, tristesse, joie ou colère. Et lorsque le chien fait des dégâts dans la maison, aboie sans fin, colle aux basques ou urine partout, les adoptants pensent comprendre le besoin sous-jacent. Mais, l’émotion exprimée n’est pas le besoin. A une émotion peuvent correspondre plusieurs besoins ou requêtes radicalement différentes. D’autre part, les adoptants choisissent malgré tout d’appliquer les bons vieux principes punitifs pour résoudre la situation.
 L’animal dit « je ne vais pas bien » ; mais l’adoptant ne voit que le résultat et punit le chien en l’enfermant, en le battant, en le laissant attaché toute la journée ou pire en installant le collier électrique. La punition ne résout pas le problème. Pas plus que la récompense ! « Je te donne un gâteau si tu es sage » revient à annihiler toute tentative de communication de la part du chien. Cela revient à lui dire « sois gentil, cesse de m’ennuyer. Je ne m’intéresse pas à tes problèmes. ».

 Je suis souvent contactée pour des comportements inappropriés due à des probables « peurs de l’abandon » qui, lorsque j’écoute le chien, n’en sont pas. Tant que l’adoptant pense comprendre les besoins de son animal, il ne traite pas la vraie problématique. Les chiens peuvent avoir manqué d’explications sur les modes relationnels avec les hommes, peuvent mal vivre les habitudes de leur nouveau foyer comme les conditions environnementales. Ou bien encore ont-ils besoin d’être correctement informés et prévenus des allées et venues imprévisibles au sein du foyer. Les chiens peuvent aussi avoir mal vécu un événement jugé anodin par l’adoptant. Enfin, ils peuvent encore tenter de faire comprendre que l’un des comportements de son adoptant est inapproprié.

Les motivations des chiens à adopter un comportement déconcertant sont multiples et bien souvent pas « devinables ». Un chien veut le bonheur et la joie du foyer. Pourquoi ne tentons-nous pas de comprendre réellement l’origine de son comportement plutôt que d’envisager ce dont il souffre ? En lui offrant une écoute, vous ferez son bonheur…et le vôtre !

samedi 22 avril 2017

Cause animale et Politique



Dans cette dernière ligne droite de la présidentielle et dans la perspective des élections législatives, mon côté défenseuse du bien-être des animaux reprend le dessus.
 Grâce aux vidéos chocs de l’association L214, les politiciens ont pris conscience que les citoyens français sont soucieux de la cause animale et refusent de plus en plus la maltraitance animale. Les candidats à la présidentielle s’affichent donc avec des animaux de compagnie et annoncent pour certains des intentions sur le sujet. Mais qu’en est-il réellement lorsqu’il s’agit de défendre concrètement leur cause ?
 Chez EuropeEcologie-les Verts, les promesses de campagne sont depuis de longues années suivies de propositions de lois ou d’amendements pour améliorer le quotidien des animaux d’élevage et pour sauvegarder les espèces sauvages ou menacées. Les grands partis politiques, de droite comme de gauche, ne faisant pas d’annonce spécifique sur le sujet, rien d’étonnant à ce qu’ils soutiennent les lobbies et l’agriculture industrielle. Au Front National, les discours pro-anima remontent à quelques années. En mars 2107 Marine Le Pen réitère ses déclarations favorables au bien-être animal « et pas seulement celui de nos animaux de compagnie ». Dans une vidéo récente, elle déclare : « Il faut reconstituer le maillage territorial des abattoirs. Il faut éviter aux animaux d’être transportés dans des conditions qui sont terriblement éprouvantes et même parfois cruelles ».
 Pourtant, à l’inverse de leurs discours, les élus frontistes ont refusé de soutenir de multiples amendements[1] comme : l’instauration d’un règlement européen et d’un financement du bien-être animal, la mise en place d’une nouvelle politique alimentaire durable pour les animaux, l’introduction d’une durée maximale de 8 heures pour le transport des animaux. Tout comme ils ont majoritairement voté contre une législation européenne visant à mettre fin à l’élevage intensif des lapins.
 En plus des lobbies, Le FN soutient la chasse. Des amendements interdisant à l’échelle de l’UE la chasse à des fins récréatives et le commerce de ses produits ainsi que l’utilisation d’animaux s’accompagnant de mauvais traitements et de souffrances, telle que la Corrida, n’ont pas reçu l’assentiment de ces élus frontistes. Ils ont rejeté en bloc la proposition d’adhésion de l’UE à la Convention CITES interdisant le commerce international d’espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.
Il nous revient, à nous électeurs refusant la souffrance animale, de dépasser les beaux discours pour soutenir ceux et celles qui agissent réellement et concrètement pour la cause animale.


[1] lors du vote pour la Nouvelle stratégie pour le bien-être animal pour 2016-2020 au Parlement européen en novembre 2015.

mercredi 15 février 2017

Prévenir vos animaux améliore leur confort



Quand vous décidez quelque chose pour votre foyer, vous prévenez toutes les personnes concernées, n’est-ce pas ?
Eh bien, il faut agir de même envers les animaux adoptés ou gérés (fermes, zoos, cabinet vétérinaire etc.).
Pourquoi ? Parce que face à la surprise, les animaux fuient pour se protéger ! Réflexe de survie émanant du cerveau reptilien. Logique.
A l’inverse, lorsqu’il est prévenu, l’animal ne générera plus d’inquiétude, se laissera faire et adaptera sa conduite en fonction du programme. Un animal prévenu en vaut deux !

Si vous prévenez votre animal que vous l’emmenez en vacances tel jour et à telle heure, il fera ses besoins avant et se tiendra prêt pour le départ (sauf s’il refuse de vous accompagner bien sûr). Si vous le prévenez de sa visite chez le vétérinaire en lui faisant comprendre qu’il est important de vérifier que tout aille bien pour lui, l’animal se comportera sagement.

Exemple récent :
Naïs a dû subir un détartrage nécessitant une anesthésie. Qui dit anesthésie, dit jeûne depuis la veille au soir 20H et pas de sortie la nuit afin d’éviter le grignotage de souris et la boisson à volonté. Nous l’avons prévenue 5 jours avant, en expliquant tout. Le jour J, elle mangea avant 20H, contrairement à son habitude de 22h. Enfin, alors que c’est une chatte d’extérieur qui pleure si on lui ferme la chatière, elle fut sage toute la nuit jusqu’au départ chez le vétérinaire.

Le matin de l’opération, elle s’avouait « soucieuse de ce qui allait se passer ».
Au retour, elle s’est plainte d’avoir « attendu longtemps avant l’opération ». Confirmation du vétérinaire : il s’est écoulé 2h45 entre le moment où je l’ai laissée et la prise en charge ! Elle vécut mal ce moment car « d’autres animaux pleuraient. Ça m’a inquiété. En plus j’ai été mise en cage. Ce n’était pas prévu et donc pas sympa. » Evidemment, elle m’a demandé à ne plus être opérée.
Je l’ai donc prévenue : à partir d’aujourd’hui, il faudra Mâcher !

Mon avis : Prévenez plutôt deux fois qu’une et pour tous les sujets qui concernent directement ou indirectement votre animal.